Le râle des genêts fait partie des oiseaux les plus menacés de disparition dans notre pays. Dans les années 1980, on trouvait plusieurs milliers de mâles chanteurs sur notre territoire, contre quelques dizaines ces dernières années.
Pour exemple, voici les effectifs 2020 (source PNA) :
- Maine et Loire : 49 à 53 ;
- Aube : 26 ;
- PACA : 17 ;
- Haute-Saône : 15 ;
- Auvergne-Rhône-Alpes : 11 ;
- Aisne : 5 à 8.
En 2024, un nouveau Plan National d’Actions (PNA) a été lancé, pour une durée de 10 ans, afin de poursuivre les actions commencées depuis 2005, via la retranscription au niveau national d’un plan européen d’action proposé en 1996, puis de deux PNA (2009 et 2013).
Le Râle des genêts est une espèce discrète, nichant dans les hautes herbes et donc particulièrement sensible à la destruction des nichées par les engins agricoles lors des travaux de fauche. Dans le cadre du PNA en faveur de l’espèce, la mise en place de mesures de mise en défens, a minima au 31 juillet, voire jusqu’au 15 septembre, est proposée autour de la zone de contact avec un mâle chanteur. La mise en défens se fait si possible sur une mosaïque de parcelles afin de proposer une surface toujours en herbe aux jeunes non volants (Figure 1).

Cette mise en défens est indemnisée (hors parcelles en MAEC avec retard de fauche) et le montant à l’hectare varie chaque année et selon les départements.
En AuRA, en 2025, la LPO a bénéficié d’une aide financière de la DREAL pour mener des prospections sur les secteurs où, ces dernières années, des observations de mâles chanteurs avaient été documentées.
Ainsi, pas moins de 36 individus ont pu être contactés dans l’Ain, l’Ardèche, la Haute-Loire, la Drôme, l’Isère et le Cantal. L’occasion cette année encore de renforcer nos actions avec les agriculteurs, en travaillant avec les exploitants possédant des parcelles dans le périmètre d’écoute des mâles recensés, afin de mettre en place une mise en défens.
- Dans l’Ain, 9 mâles chanteurs ont été contactés, et grâce à un travail conjoint avec l’animatrice du site N2000 du Val de Saône, 28,6 ha ont pu être mis en défens.
- Dans le Cantal, 1 mâle chanteur a été contacté en fin de printemps sur la Narse de Nouvialle. Ce mâle n’a pas été recontacté via la mise en place d’enregistreurs, aucune action n’a donc été mise en place par la suite.
- En Haute-Loire, 12 mâles chanteurs ont été contactés, et un travail conjoint avec l’animatrice du site N2000 du Mézenc a permis la mise en défens de 19,5 ha. Lors du suivi de fauche, deux jeunes ont pu être observés, ce qui confirme la reproduction certaine de l’espèce sur le secteur (un jeune avait été retrouvé écrasé en bord de route en 2024). À noter qu’un noyau de population semble se dessiner sur le secteur du plateau ardéchois et du Mézenc, secteur frontalier entre la Haute-Loire et l’Ardèche
- En Ardèche, 10 mâles chanteurs ont été contactés. Grâce aux efforts des équipes de terrain, 11,73 ha ont pu être mis en défens.
- Dans la Drôme, 2 mâles chanteurs ont été recensés. 11,8 ha ont pu être mis en défens grâce au travail des équipes sur le terrain.
- Enfin, en Isère, 3 mâles chanteurs ont été identifiés, et protégés grâce à la mise en défens de 16,6 ha.

Un grand merci à tous les acteurs du territoire, notamment agriculteurs, institutions et associations de protection de l’environnement, dont la collaboration étroite aura permis de proposer à ces individus d’une espèce en grand déclin en France les meilleures conditions possibles pour assurer, nous l’espérons, leur reproduction avec succès !
La mise en place de cette action a pu avoir lieu grâce au cofinancement de la LPO France dans le cadre de la récolte de fonds 2022 de ZEvent, de la DREAL Auvergne-Rhône-Alpes, de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, des Conseils Départementaux de l’Ain, de la Haute-Loire, et de l’Isère.
